Petite virée au Laos en canoë!

Petite virée au Laos en canoë!

Après avoir passé quelques jours à découvrir les environs de Nong Khiaw, nous voulions nous rendre à Luang Prabang. Pour ça nous aurions pu reprendre nos aventures stopesques, mais nous avons entendu dire qu’il était possible de faire le trajet en canoë! L’idée nous a tout de suite séduit et nous décidons de tenter l’expérience!

Quelle agence choisir pour le canoé ?

Il y a plusieurs agences qui proposent cette excursion à Nong Khiaw, nous en avons fait le tour pour comparer les prix et notre choix s’est arrêté sur celle qui se trouve sur la route principale juste avant le pont (si nos souvenirs sont bons elle s’appelle laos adventures). Les prix qu’ils proposaient étaient au départ à peu près les mêmes que les autres agences, mais après négociations ils nous ont fait un prix. Le trajet habituel consiste à descendre la rivière Nam Ou, alors que le trajet proposé par notre agence était de descendre la Nam Seng, une autre rivière qui rejoint la Nam Ou un peu avant Luang Prabang. Le gars nous dit que ce sera plus fun car il y aura plus de rapides que sur la Nam Ou et que nous serons les seuls touristes car c’est la première fois que ce parcours est proposé par une agence. Super! Nous laissons une petite annonce pour trouver des coéquipiers, car c’est moins cher si l’on est quatre plutôt que deux, et nous revenons quelques jours plus tard, prêts pour le départ!

Nous aurons payé 111 dollars par personne, repas, logement et navette compris (plus cher si nous aurions été que tous les deux).

Premier jour

Le matin du départ nous nous rendons à l’agence à 8 heures où nous faisons la connaissance de nos deux guides, Pat et Soun, et de nos deux coéquipiers, Lola et Baptiste. Nous chargeons les canoës sur la remorque d’un petit camion, Lola et moi montons à l’avant à côté du chauffeur et les garçons dans la remorque, avec les canoës.

Nous roulons pendant environ une heure, les paysages sont vraiment chouettes avec les sommets des collines qui ressortent de la brume, tels des petits îlots dans une mer de nuages.

Nous arrivons dans le petit village du départ, nous descendons les canoës à bout de bras jusqu’à la rivière, nous nous équipons de nos gilets de sauvetage, casques et pagaies, écoutons les explications des guides et sommes fins prêts pour l’aventure!

Grâce à nos diverses excursions en canoë sur les rivières de France, nous nous sentons assez vite à l’aise. Nous trouvons même les rapides assez ridicules… jusqu’au moment où le canoë de Baptiste et Lola se renverse! On fait un peu moins les malins par la suite et restons concentrés.

Le courant passe de suite avec nos guides qui sont très sympas, ils n’hésitent pas à nous donner pleins d’explications sur les différentes plantes, arbres et animaux que l’on croise.

La rivière serpente à travers les collines verdoyantes, on croise de nombreux buffles d’eau et des pêcheurs sur leur pirogue qui nous saluent amicalement. Nous comprenons vite que nous allons passer trois chouettes journées!

Midi arrive et la faim se fait ressentir, nous nous arrêtons pour pique niquer au bord de la rivière proche d’un petit village Kamou. Notre guide nous propose d’aller faire un petit tour dans le village, on accepte. Nous observons une dame en train de tisser, une autre en train de préparer du riz, puis nous nous faisons inviter par des habitants du village à partager le repas avec eux. On accepte, un peu timides, et quittons nos chaussures (il faut toujours quitter ses chaussures avant d’entrer chez un laotien) avant de grimper dans leur maison sur pilotis. Quand nous entrons, ce n’est pas moins de trente visages qui se tournent vers nous! Notre guide nous explique qu’il y a un festival Kamou et que le village est en fête alors les habitants partagent un repas. On nous invite à nous asseoir parmi eux, à même le sol. Tout le monde nous regarde avec de grands yeux étonnés et curieux. On nous tend des plats, que nous nous devons de goûter par politesse, car il est très malvenu, au Laos, de refuser de la nourriture que l’on nous offre. Comme tout le monde, nous mangeons avec les mains. Les plats sont bons, parfois un peu trop épicés mais heureusement il y a du sticky rice (riz collant que les laotiens mangent à presque tous leurs repas) pour calmer le feu. Nous goûtons même les gros insectes grillés que l’on nous tend, des sortes de gros frelons et scarabés! J’hésite longuement avant d’avaler la bête mais ce n’est pas trop mauvais au final! Si tu oublies que tu as un scarabée dans la bouche, ça a un gout de chips. Guillaume déclenche même l’hilarité de nos hôtes lorsqu’ils le voient manger goulûment les insectes et se lécher les doigts après les avoir avalé! On nous fait aussi goûter à un alcool de riz local que l’on boit à la paille directement dans le pichet.

Après avoir été pris en photo par le chef du village, nous remercions tous le monde et rejoignons la plage où notre pique nique nous attend… après tout ce que nous avons déjà mangé nous nous forçons un peu pour avaler un deuxième repas, pourtant très bon et préparé avec soin par Pat, notre guide.

Le ventre plein, nous reprenons nos canoës et nous remettons en route. Les paysages sont toujours aussi chouettes, et les bords de la rivière sont pleins de vie. Il y a de nombreux petits villages, de nombreux pêcheurs, des enfants qui se baignent et crient de joyeux “Sabaideee” à notre passage, des femmes qui font la vaisselle, des buffles, des cochons, des vaches,… Aux abords des villages nous croisons de curieuses installations dans l’eau, faites avec des morceaux de bois et toutes possèdent une roue de vélo. Je me dis que ce doit être des pièges à poissons mais Pat nous explique que ce sont des petites turbines artisanales qui permettent de fabriquer de l’électricité, car ces villages ne sont pas desservis par la route et encore moins par les lignes électriques. Nous réalisons alors que nous sommes bien au fin fond du Laos.

Les heures passent plutôt vite et le soleil s’apprête à se coucher. Les guides se dirigent vers le bord de la rivière pour parler un instant avec un pêcheur. On commence à croire qu’ils ne savent pas où se trouve le village dans lequel nous devons passer la nuit quand ils reviennent vers nous pour nous dire que le pêcheur avec lequel ils parlaient va voir si il est possible de nous accueillir dans son village. Ah, en fait, aucune de nos nuits n’ont été planifiées à l’avance, on voit sur le moment quel village accepte de nous loger. On  aime bien le concept! Le pêcheur revient et nous dit que le chef est d’accord pour nous héberger (au Laos, nous devons demander la permission au chef du village avant d’y passer la nuit) On amarre nos canoës, on prend toutes nos affaires et on monte au village.

Tous les habitants nous regardent, les adultes nous saluent avec de grands sourires, les enfants, en revanche, ont l’air plus timides, presque effrayés. Pat nous explique que c’est la première fois que les habitants de ce village voient des personnes blanches. Jamais, avant nous, un touriste n’était venu ici. Pour le coup, nous aussi nous nous sentons assez impressionnés!

On nous installe dans l’infirmerie du village où vit l’infirmière. Après avoir fait un petit tour dans le village, observé ses maisons sur pilotis et discuté avec une dame qui était en train de faire cuire un rat (oui, oui, pour le manger), nous aidons Pat à préparer le diner pendant que Soun nous explique pleins de choses sur la culture Laotienne. Notamment sur le bouddhisme, les relations hommes-femmes, les habitudes et coutumes des laotiens. Nous passons une agréable soirée.

Puis, après un brin de toilette au petit point d’eau à l’extérieur de la maison et après avoir dévissé l’ampoule du plafond pour pouvoir éteindre la lumière (et oui, comme l’électricité vient des petites turbines installées dans la rivière le courant est en continu, il n’y a pas de bouton On et Off) nous nous installons dans nos couchettes pour passer une bonne nuit de sommeil. Les garçons d’un côté et les filles de l’autre car, au Laos, les couples non mariés n’ont pas le droit de dormir ensemble.

Deuxième jour :

Nous nous réveillons au petit matin avec le chant du coq. Nous avons bien dormi mais un chien du village n’a cessé d’aboyer durant la nuit. Soun nous explique que c’est parce qu’il sentait la présence d’un esprit.

Après avoir avalé les restes du diner de la veille en guise de petit déjeuner, Soun nous propose d’aller visiter l’école du village. On accepte volontiers. L’école est grande pour un si petit village mais il y a beaucoup d’enfants par familles. Elle est bien entretenue et la cour de récréation est mignonne avec sa balançoire et son toboggan en bois. Une institutrice nous invite à entrer dans sa classe. C’est une classe de maternelle. Comme la veille, les enfants ont l’air très impressionnés par notre présence et nous observent avec de grands yeux ronds. La maitresse nous explique le fonctionnement de l’école et prend le temps de répondre à toutes nos questions. Soun me demande en rigolant quel enfant j’aimerais prendre avec moi, je lui répond en blaguant : “tous”, il le traduit en laotien aux enfants ce qui déclenche une grosse crise de larme chez l’un d’entre eux! Petit moment de solitude!

Nous remercions les habitants qui nous ont gentiment accueillis et reprenons notre route sur la rivière vers 9 heures. Les nuages de la veille ont laissés place à un grand soleil, nous nous tartinons de crème solaire et n’hésitons pas à faire des pauses baignade. Nos guides s’amusent autant que nous en se poussant à l’eau et en faisant des courses à la nage.

Midi arrive vite et nous nous arrêtons sur une petite plage tranquille pour déjeuner. Soun coupe quelques branches d’un arbre qu’il étale au sol en guise de table. On s’installe autour et dégustons notre repas! C’est que le canoë ça ouvre l’appétit!

L’après midi est un peu plus rude sous le soleil de plomb et avec la fatigue qui se fait ressentir. Mais c’est toujours un vrai plaisir de contempler la vie sur la rivière avec ses piroguiers qui nous saluent et les nombreux enfants qui jouent dans l’eau. Je me souviendrais toujours de ce groupe d’enfants, une vingtaine environ, qui se sont jetés à l’eau à notre passage pour nous suivre à la nage!

Pat achète quelques poissons pour le diner et commence à rechercher un village dans lequel dormir. On atteint d’ailleurs rapidement le prochain et nous prions pour que les habitants acceptent de nous loger, ce qu’ils font!

Le village a l’air un peu plus moderne que celui de la veille. Il y a quelques maisons en bétons parmi celles en bois et ils disposent de lignes électriques. Contrairement à ceux de la veille, les enfants n’ont pas l’air effrayés mais plutôt excités par notre présence.

Cette fois, on nous installe dans l’école. Lola et moi dormirons avec l’institutrice, dans sa chambre, et les garçons dans la salle de classe. Soun explique les techniques de drague laotiennes à Guillaume qui s’amuse de constater qu’il les appliquent à l’institutrice qu’il trouve à son gout! Il n’a pas trainé pour prendre une douche, mettre une jolie chemise (visiblement, notre guide ne part jamais en excursion sans une belle chemise) et pour mettre un peu de gel dans ses cheveux (il ne part également jamais sans son pot de gel).

Pendant que Pat nous prépare des soupes pour le diner et que Soun essaye de conclure avec l’institutrice, nous observons les jeunes du village jouer à un sport collectif qui ressemble à du volley sauf que le ballon est fait en bambou et qu’ils se le passe avec les pieds. Un mélange entre le football et le volley! C’est assez impressionnant et Guillaume refuse prudemment de se joindre à eux, préférant les regarder que se ridiculiser ou même se blesser^^. Quand aux enfants, ils jouent au loup et, eux non plus, n’y vont pas de mains mortes : ça se pousse, ça dérape et ça tombe mais jamais ça ne pleure! Ils se relèvent en s’esclaffant et repartent de plus belle!

Il est temps de diner, l’institutrice nous fait gouter du tamarin avec de la sauce épicée puis nous dégustons la délicieuse soupe que nous a préparé Pat. Nous passerons la soirée à discuter avec le chef du village et quelques autres habitants autour d’un Laolao (digestif laotien fait à base d’alcool de riz).

Troisième et dernier jour :

Après une bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner pris sous les regards curieux des villageois on nous propose à nouveau d’aller visiter l’école du village. Il y a deux bâtiments scolaires, celui dans lequel nous avons dormis est destiné aux enfants de 1 à 4 ans, et l’autre à ceux de 5 à 11 ans. Les instituteurs de chaque classe nous accueillent chaleureusement. Des élèves nous demandent de leur chanter une chansons, un peu pris au dépourvu nous ne trouvons rien d’autre à leur chanter que “une souris verte”. Puis, ils nous chantent à leur tour une chanson, l’hymne national laotien, qui est vraiment joli, surtout chanté par des enfants. Nous nous sentons un peu idiots de leur avoir chanté “une souris verte” surtout quand l’instituteur nous demande la signification de cette chanson…

Ensuite, on nous demande si il est possible de faire une photo de classe avec nous. Nous acceptons volontiers et tous les cours sont brutalement interrompus pour que tous les élèves viennent faire la photo avec nous. Nous sommes gênés de perturber ainsi les classes mais ils insistent.

Nous nous résignons ensuite à repartir. Dans le village nous croisons des dames qui mastiquent quelque chose qui rend leurs dents toutes rouges. On nous explique que c’est une racine d’arbre avec un peu de chaux, le tout emballé dans une feuille d’arbre. C’est leur façon de chiquer. La dame me fait essayer, c’est assez amer et je crache rouge durant l’heure qui suit mais c’est rigolo et il faut essayer au moins une fois!

Les guides nous expliquent qu’aujourd’hui c’est la partie la plus technique avec des rapides plus importants, mais c’est aussi la journée la plus tranquille du séjour car, une fois la série des rapides passée, nous pourrons nous arrêter quand on le souhaite! La rivière longe la route qui mène à Luang Prabang donc nous pourrons appeler la navette à n’importe quel moment.

En effet, il y a de beaux rapides! Nous les passons avec succès mais lorsque nous arrivons aux plus gros du parcours nous ne faisons plus trop les malins. C’est d’ailleurs les plus gros rapides que j’ai franchi en canoë de toute ma vie! Je regarde les guides qui y vont en premier, ils paressent minuscules au milieu des vagues! Je me rappelle de ma chute lors de notre virée en canoë dans les gorges de la Sioule l’été dernier alors que les rapides étaient bien plus petits et je me dis que ça y est cette fois c’est la fin^^. Mais non! Nous franchisons les rapides avec un franc succès! Et j’ai même quiffé grave!

Nous découvrons aussi plusieurs jolies cascades au bords de la rivière, et les paysages, qui étaient déjà très chouettes jusqu’à maintenant, sont encore plus beaux! La matinée passe vite, trop vite! Nous nous arrêtons au bord de l’eau pour un dernier pique nique, on fait un concours de ricochets puis nous reprenons la route tranquillement. Après une petite heure, nous commençons à chercher un endroit où nous pouvons amarrer les canoës et les remonter jusqu’à la route. Lorsque nous trouvons, Pat passe un coup de fil au chauffeur de la navette et, le temps de remonter les trois canoës et toutes nos affaires jusqu’à la route, celui ci arrive.

Quand on l’aperçoit on se demande vraiment où est ce qu’ils comptent mettre les canoës! Ah, ben en fait c’est sur le toit! Les garçons les hissent tant bien que mal mais une fois qu’ils sont tous accrochés nous nous apercevons que l’un des pneus n’a pas tenu le choc! Nous voilà donc à changer la roue du petit pick-up transformé en navette et chargé de trois canoës! Le tout sous un soleil de plomb et dans la poussière! Mais l’ambiance est bonne et nous passons un dernier bon moment avant de prendre la route vers Luang Prabang, la tête pleine de très bons souvenirs!

Seuakao

Seuakao

J'aime voyager et tente un tour du monde. Je vous fais partager mes voyages à travers ce blog participatif.

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